17 milliards à main levée

04/05/2010 18:16 par dlr14ème_62

  • 17 milliards à main levée

    17 milliards à main levée

    04/05/2010 18:16 par dlr14ème_62

Cette nuit, à 1H30 du matin, par un vote à main levée, le gouvernement, l’UMP et le PS ont engagé les Français pour 16,9 milliards d’euros dans un plan dit de sauvetage de la Grèce. Un plan que j’ai qualifié de « sabordage », tant il est surréaliste, défiant toute rationalité économique et sociale.
Si Jean-Pierre Brard, Charles Amédée de Courson et moi-même n’avions pas été présents dans l’hémicycle, le vote de la loi de finances rectificative, engageant la France et débloquant une première enveloppe de 3,9 milliards d’euros, aurait été obtenu en moins de deux heures.
Je recommande aux internautes de visionner les images de cette soirée pour comprendre la déchéance de notre démocratie, les ravages du bipartisme, l’inculture économique ou alors le don de dissimulation du gouvernement comme de l’opposition, et surtout le poids du lobby bancaire !
Car, en effet, comme l’a très justement noté de Courson, le contribuable se substitue une fois de plus aux banques. Les prêts, qui seront en toute hypothèse indéfiniment prolongés pour prévenir le défaut de paiement, permettront à la Grèce de rembourser les banques imprudemment engagées dans ce pays.
Lorsque la Grèce dans 1, 2, ou 3 ans s’avèrera incapable de rembourser, surtout après la crise d’austérité imposée, ce seront les autres Etats européens qui devront digérer le rééchelonnement de la dette grecque, ce pour épargner aux banques les conséquences de leur imprévoyance !
Le gouvernement a bien été incapable de répondre à cette interpellation.
De même, Mme Lagarde n’a pas été en mesure de me citer des pays comparables à la Grèce qui pourraient redresser leurs finances sans dévaluer !
Pour toute réponse, elle a mentionné la Suède, le Canada et la Corée, des pays à la structure économique sans rapport avec la Grèce et surtout, pour les deux premiers, qui peuvent jouer de leur monnaie.
Tout au long de ce débat, je me suis interrogé sur le fait de savoir si le gouvernement était incompétent, dissimulateur ou les deux à la fois. Dans tous les cas, la conséquence est la même : des souffrances toujours plus grandes imposées aux peuples d’Europe, un retard cumulatif dans la guerre économique mondiale qui nous oppose à la Chine et aux Etats-Unis (qui, eux, profitent d’une monnaie souple et fiable pour investir), des difficultés sociales croissantes et la résurgence des nationalismes.
La cause est toujours la même : la religion aveugle de l’euro, cette ligne Maginot monétaire à l’abri de laquelle on prétend être protégé de tout, et l’angélisme – ou une coupable résignation – face à l’attitude de l’Allemagne.
En cette séance nocturne, j’ai pu voir grandeur nature à quel point, une fois de plus dans sa longue histoire, la France n’est plus vraiment gouvernée ! Le gouvernement qui, comme de juste, a pu compter sur une opposition totalement solidaire de cette politique au fil de l’eau, cette dernière assortissant comme d’habitude son satisfecit de desideratas tous plus hypocrites les uns que les autres. L’hypocrisie, une spécialité où le PS est passé maître, lui qui avait déjà fait mine en février 2008 de défendre le référendum pour ratifier le traité de Lisbonne tout en le votant au Congrès « au nom de l’intérêt européen »…
Plus que jamais, j’ai ressenti le devoir qui est le nôtre d’alerter l’opinion et d’offrir une autre voie.

NDA



"En réalité ce n’est pas la Grèce que l’on veut sauver, mais l’euro, à tout prix !"

03/05/2010 21:08 par dlr14ème_62

  • "En réalité ce n’est pas la Grèce que l’on veut sauver, mais l’euro, à tout prix !"

    03/05/2010 21:08 par dlr14ème_62

Débat parlementaire sur le plan de sauvetage de la Grèce Lundi 3 mai 2010 Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN

Vous prétendez sauver la Grèce tout en faisant gagner de l’argent aux Français. C’est Alice aux pays des merveilles ! Mais les Français ne croient plus depuis belle lurette aux contes de fées et près de deux décennies de monnaie unique, hélas, leur donnent mille fois raison.
Et oui, vos promesses d’aujourd’hui rappellent vos promesses d’hier, celles faites ici-même il y a très précisément 18 ans, lorsque le débat parlementaire sur Maastricht faisait rage. Déjà, l’idéologie de l’euro était à l’œuvre. Déjà, le Parti socialiste mêlait ses voix à celles de la droite et du centre pour soutenir cette pensée unique, tout en assortissant - déjà, là encore ! - son vote d’hypocrites considérations sur la nécessité d’une Europe plus « sociale », comme s’il avait eu besoin de se faire pardonner quelque chose.
Mais, mes Chers Collègues, mêmes causes, mêmes effets ! Les promesses de 2010 ne seront pas davantage tenues que celles de 1992…
Je prends date devant vous : ce plan de « sauvetage » si mal nommé ne sauvera pas la Grèce, pas plus qu’il ne fera gagner de l’argent aux Français qui risquent plutôt de se réveiller un de ces quatre matins avec un déficit supplémentaire de près de 17 milliards d’euros.
Des Français, soit dit en passant, qui n’ont vraiment pas besoin de cette nouvelle ponction, eux à qui on impose des économies de bouts de chandelles prétendument indispensables à la stabilisation des comptes publics, mais dont les effets très négatifs dans les commissariats, les écoles, les hôpitaux, etc. sont, eux, particulièrement réels et douloureux.
Loin de moi l’idée de ne pas être solidaire des Grecs. Mais la solidarité que vous proposez est des plus étranges. Avec ce plan on va aider la Grèce, oui, mais on va l’aider à mourir, comme si on offrait une euthanasie en classe affaire à un malade à qui on refuse par idéologie d’administrer les bons remèdes.
Un ballon d’oxygène financier va certes être apporté à Athènes, mais au prix d’un supplice inouï pour le peuple et l’économie grecs, qui ne s’en relèveront pas. Cette « thérapie de choc » va tuer la Grèce car cette dernière sera bien incapable de redresser sa compétitivité et sa croissance, définitivement martyrisées par l’impossibilité de dévaluer. Oui, mes chers Collègues, c’est là le point central : on n’a jamais vu dans l’histoire l’économie d’un pays rebondir sans dévaluation. La rigueur est efficace quand parallèlement on stimule le moteur économique par la dévaluation. Souvenez-vous des efforts vains de l’Argentine ! A l’évidence, une thérapie de choc ne sert à rien sans dévaluation.
En réalité, ce n’est pas la Grèce que l’on veut sauver, ni la France, ni même l’Europe ! C’est l’euro que l’on veut sauver à tout prix. Cet euro qui tue pourtant à petit feu l’économie grecque comme la plupart des économies européennes. Il est le mal et non pas le remède ! Voilà pourquoi la Grèce ne sera pas sauvée. Voilà pourquoi les Français perdront leurs 17 milliards.
Voilà pourquoi, aussi, ce plan miraculeux n’empêchera pas la contagion aux autres maillons faibles de l’eurozone, où les marchés financiers vont s’empresser de mettre à l’épreuve cette drôle de solidarité européenne. Une « solidarité » coûteuse et contreproductive, qui nécessiterait pour sauver l’Espagne et le Portugal des centaines de milliards d’euros lesquels, bien entendu, n’existent pas.
Voilà d’ailleurs pourquoi, à la fin des fins, l’euro lui-même ne sera pas sauvé, au risque d’entraîner dans son naufrage la construction européenne.
Ce scénario-catastrophe est écrit d’avance. Il résulte tout bonnement de la fuite en avant dans l’idéologie de l’euro qui « torture l’Europe » (le mot est d’Emmanuel Todd).
Il y a 18 ans presque jour pour jour, Philippe Séguin prononçait son « Discours pour la France » mettant en garde le pays contre l’aventurisme de la monnaie unique. Je cite : « Dans le domaine monétaire comme dans les autres, il faut se plier aux réalités. Il faut donc savoir ajuster les parités quand c’est nécessaire, non pour faire de la dévaluation compétitive, mais pour éviter la déflation. En choisissant la monnaie commune au lieu de la monnaie unique, on choisirait, je crois, l’efficacité contre l’idéologie. » Je n’enlèverai pas un mot à ce propos qui conserve, intacte, toute sa force.
L’efficacité de la monnaie commune qui laisserait respirer les pays et les peuples, plutôt que l’idéologie de la monnaie unique qui les étrangle. C’est ce à quoi j’invite à mon tour.
C’est pourquoi je voterai contre ce faux plan de « sauvetage » qui a tout d’un plan de sabordage.
NDA



NDA sur France 3

03/05/2010 18:43 par dlr14ème_62

  • NDA sur France 3

    NDA sur France 3

    03/05/2010 18:43 par dlr14ème_62

NDA sera  l'invité de France 3 à 14h50 à l'occasion de la traditionnelle "interview" précédant la séance de questions au Gouvernement.

NDA sur RMC

03/05/2010 18:41 par dlr14ème_62

  • NDA sur RMC

    NDA sur RMC

    03/05/2010 18:41 par dlr14ème_62

Nicolas Dupont-Aignan sera l'invité demain matin à 6h45 de la matinale d'RMC, sur le thème de la crise grecque et de la sortie de l'euro.

"Sauvetage" de la Grèce : NDA rejette "un remède pire que le mal"

03/05/2010 18:36 par dlr14ème_62

  • "Sauvetage" de la Grèce : NDA rejette "un remède pire que le mal"

    03/05/2010 18:36 par dlr14ème_62

COMMUNIQUE DE PRESSE

La France ne doit pas payer pour aider la Grèce… à mourir !

Alors que la presque totalité de mes collègues Députés va se prononcer pour la participation de la France au plan d’aide européen à la Grèce, je voterai contre et m’en expliquerai, ce soir, à la tribune de l’Hémicycle.
En effet, ce plan est contraire à la fois aux besoins de la Grèce et aux intérêts des Français. C’est un remède pire que le mal.
Le remède est pire que le mal car en imposant une austérité inouïe à la Grèce sans lui donner la possibilité de dévaluer (et donc de sortir de l’euro), on la condamne à mort. Ses déficits vont s’accroître fatalement car la récession va s’aggraver. C’est un véritable assassinat économique et social qui ne peut mener qu’à la faillite et à la révolte.
De leur côté, comment les Français pourraient-ils accepter de se sacrifier sans aider efficacement les Grecs ? Le gouvernement, avec la complicité du PS, engage à terme pas moins de 16 milliards d’euro (le prêt n’est qu’une fable), alors même qu’on nous explique à longueur de journée que le déficit de 7 milliards d’euros du régime de retraite est inacceptable.
L’entêtement des dirigeants européens à sauver un euro qui étouffe l’économie européenne, est une folie qui aboutira obligatoirement dans les années à venir à une crise encore plus forte.
Je défendrai ce soir dans l’Hémicycle la seule voie alternative à cette fuite en avant suicidaire : la sortie de l’euro de la Grèce et la création d’une monnaie commune européenne où les monnaies nationales restaurées pourront enfin s’ajuster les unes par rapport aux autres.
 
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du rassemblement gaulliste Debout la République

Mémoire d'Outre-Gaulle

03/05/2010 18:30 par dlr14ème_62

  • Mémoire d'Outre-Gaulle

    Mémoire d'Outre-Gaulle

    03/05/2010 18:30 par dlr14ème_62

Mémoire d'Outre-Gaulle
de Yves Guena
 
Livre Broché 
Edition Flammarion
314 page
Parution : avril 2010
  • ISBN : 978-2-08-123816-9
  • EAN13 : 9782081238169
  •  
     
    Résumé : Depuis juin 1940, Yves Guéna s'est engagé dans le gaullisme et la politique : Résistance, Débarquement, Constitution de 1958, ministre, député, sénateur, fonctions au sein de l'UDR et du RPR, Conseil constitutionnel. A travers ses mémoires transparaît le récit de plus de quarante ans d'histoire politique de France.
    L'auteur :
    Élu de Périgueux, député et sénateur, cet expert de la vie politique livre donc ici ses Mémoires. Il raconte avec esprit et anecdotes aussi bien les batailles électorales, sa passion pour l'oeuvre du général de Gaulle, les conseils de ministres sous Georges Pompidou, le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, les années Jacques Chirac, ses activités de ministre... que la suite : les présidences du Conseil constitutionnel et de l'Institut du monde arabe.
    Autant de fonctions qu'il a exercées dans le souvenir du général de Gaulle, comme l'illustre le titre du présent ouvrage où il cisèle d'une plume alerte le récit de quarante ans d'engagement au service de la France. Un témoignage pour l'Histoire.
     
     

    Crise de la zone euro: après la Grèce, à qui le tour ?

    03/05/2010 17:49 par dlr14ème_62

    • Crise de la zone euro: après la Grèce, à qui le tour ?

      Crise de la zone euro: après la Grèce, à qui le tour ?

      03/05/2010 17:49 par dlr14ème_62

    Pour l’économiste Jacques Sapir, la crise grecque remet en cause le principe même de la monnaie unique. Dans ces conditions, le pire est à venir. Y compris pour la France, qui risque de devenir une simple spectatrice du marasme économique, à moins d’une vraie politique volontariste..

      

    Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.
    Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises sur le site de Marianne2. Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.
    La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans TRENDS, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (1) , qui y changeront quelque chose (2).
    Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.
    Cette crise va prendre la forme d’une succession d’attaques spéculatives contre divers pays. Tant que l’on ne décrètera pas un contrôle sur les mouvements des capitaux à court terme, les capacités à résister à de telles attaques sont des plus limitées. La crise va donc empirer, et connaîtra une accélération brutale avec soit la sortie de la Grèce de la zone Euro, soit l’annonce d’un défaut sur sa dette, soit les deux.
    • À qui le tour ?

    Il faut d’abord considérer quels sont les pays sur lesquels la spéculation financière va désormais se porter.

    clip_image002On peut ici raisonner soit en statistique soit en dynamique. Dans le graphique 1 on utilise un repère avec pour axe horizontal la part de la dette publique en pourcentage du PIB telle qu’elle a été estimée pour 2010 et pour axe vertical l’importance du déficit probable pour 2010. On marque la moyenne de la zone Euro pour les deux axes (3).
    Cette présentation découpe l’espace en 4 quadrants. Celui où les pays sont à la fois sous la moyenne du déficit et de celle de la dette est celui des pays qui peuvent être considérés comme saufs par rapport à la spéculation. Le quadrant supérieur, ou « nord-ouest », est celui des pays ayant une dette inférieure à la moyenne mais un déficit qui est lui supérieur à la moyenne. C’est un premier cas d’inquiétude.
    Le troisième quadrant, ou « sud-est », est celui des pays où le déficit est inférieur à la moyenne de la zone Euro, mais où la dette publique est supérieure à la moyenne. C’est un second cas d’inquiétude et l’on peut considérer que les pays qui se trouvent dans ce quadrant sont en danger. Le quatrième quadrant, ou « nord-est » est celui des pays qui sont à la fois au-dessus de la moyenne de la zone Euro pour la dette et pour le déficit. C’est incontestablement celui du plus grand danger.
    Trois pays sont dans ce quadrant, la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Un pays se trouve dans le quadrant « sud-est », c’est l’Italie, et un pays est dans le quadrant « nord-ouest », c’est l’Espagne.
    On peut se livrer à une autre présentation. Dans le graphique 2 on a remplacé le montant de la dette publique en pourcentage du PIB par son taux d’accroissement. Il indique alors que l’Italie serait la moins exposée, et l’Espagne et l’Irlande le plus.
    clip_image004Il est alors intéressant de noter que les pays les plus attaqués sont, outre la Grèce et en ordre décroissant de danger, le Portugal, l’Espagne et l’Italie.
    Ceci indique un préjugé défavorable aux pays de sud de l’Europe car l’Irlande est en fait tout aussi exposée que le Portugal et plus que l’Espagne.
    Il est donc clair que les préjugés jouent un rôle dans la spéculation — et l’absence de la Belgique de ce tableau est aussi une indication importante — mais que cette dernière a bien identifié les pays à risques. La spéculation respecte donc une certaine logique, mais elle est susceptible de « découvrir » brutalement de nouvelles raisons d’inquiétude. En fait, peu de pays sont réellement à l’abri.
    Une décision rapide s’impose, et elle risque de s’avérer très coûteuse.
    Le plan d’aide à la Grèce prévoyait 45 milliards d’Euros. Aujourd’hui, on parle d’un montant de 55 à 75 milliards d’Euros (4). Derrière cette somme se profilent des montants encore plus énormes. On parle ainsi de 600 milliards d’euros pour faire face à une crise qui déborderait de la Grèce et toucherait les autres pays que l’on a cités.
    Il est clair que la crise s’accélère désormais de jour en jour. Lors d’un séminaire à Caracas, en novembre 2008, j’avais qualifié cette crise de « virus mutant ». Jamais le terme n’a été aussi justifié.
    • Faut-il sortir de la zone euro?
    La question a été posée pour la Grèce par plusieurs responsables conservateurs allemands dont Hans-Peter Friederich (CDU-CSU), et elle est reprise par le Bild et le Spiegel.
    Si l’on voit clairement pointer l’égoïsme allemand dans ces déclarations, il n’en est pas moins vrai qu’elles décrivent ce qui est très probablement la meilleure des solutions pour Athènes. Une sortie de la zone Euro accompagnée d’une forte dévaluation (30% au minimum) ET d’un défaut partiel sur sa dette publique sont très certainement les conditions d’un retour de la Grèce à la croissance.

    Mais, le problème de la zone Euro reste entier.

    Il faut ici rappeler que la zone Euro est très intéressante pour l’Allemagne dans la mesure où elle lui ouvre un vaste marché sur lequel elle peut accumuler les excédents commerciaux sans qu’elle ne soit menacée de dévaluations compétitives en retour. Ceci implique, néanmoins, que l’Allemagne n’abuse pas de sa position et ne mette ses principaux partenaires dans une situation intenable.
    C’est pourtant très exactement ce que l’Allemagne a fait, en transférant une bonne partie des charges patronales vers l’impôt. Elle a dans le même geste diminué les charges de ses entreprises, leur permettant de baisser les prix, et diminué sa demande intérieure privant ainsi ses partenaires d’une partie de son marché potentiel. Ceci a été l’équivalent d’une dévaluation de 10% de la part de l’Allemagne.
    Les conséquences ont été un accroissement brutal du déficit commercial des pays de la zone Euro.

    clip_image006

    Source : Eurostat.

    Dans ces conditions, le refus, à peine déguisé, de l’Allemagne de participer à une aide collective en faveur de la Grèce, les conditions qu’elle y met, apparaissent bien comme des incohérences. La seule explication possible est que l’Allemagne ne croit pas en une sortie massive de ses partenaires hors de la zone Euro. Mais, est-ce un bon calcul ?
    On a beaucoup glosé sur les avantages, réels et supposés, de la monnaie unique. Si l’on met de côté la réduction des coûts de transaction liés au change (mais qui seraient réduits tout aussi bien par un système de taux de changes fixes révisables annuellement), le seul avantage réel de la monnaie unique a été la baisse des taux d’intérêts. Il est vrai que si l’on compare les taux sur les emprunts publics à 10 ans, le taux allemand est de 3,04% alors que le taux français est de 3,32% soit un écart (spread) de 28 points. On remarquera cependant que le taux de l’Italie est à 4,12% (un spread de 108 point) alors que le taux de la Grande-Bretagne n’est que de 3,93%.
    Si la convergence des taux a bien été une réalité jusqu’en 2007, il n’en va plus de même aujourd’hui. Ici encore, il convient de remarquer que l’on pourrait facilement dissocier les taux d’intérêts par un système de contrôle strict sur les capitaux, accompagné par le retour d’un montant obligatoire de bons du Trésor que les banques commerciales devraient détenir. Un tel système créerait artificiellement un « appétit » pour les titres publics, qui pourraient être, provisoirement, escomptés par la Banque Centrale du pays considéré. Le taux d’escompte de la Banque Centrale redeviendrait ainsi le taux directeur pour ce pays.
    En fait, l’Euro ne s’est imposé comme un choix logique que dans la mesure où nous sommes entrés dans une situation de liberté totale des capitaux. Or, rien ne l’impose à la France et aux pays du noyau historique de l’Europe, si ce n’est bien évidemment les profits des banques.
    Si l’Allemagne se montrait par trop inflexible sur sa politique monétaire, une sortie de l’Euro devrait alors être envisagée. Il est clair, compte tenu de l’importance des échanges entre la France et l’Allemagne, qu’une dévaluation de la France de 20% à 25% aurait des conséquences catastrophiques sur l’économie allemande.
    Ceci ne signifie pas qu’une telle sortie soit simple et facile. Elle devrait s’accompagner de mesures structurelles importantes quant au contrôle des capitaux et au contrôle des changes. Un défaut, au moins partiel sur la dette publique, s’imposerait aussi. Le statut de la Banque de France devrait, bien entendu, être modifié. Mais, dans le cadre d’une politique qui reconstituerait un pôle public du crédit et qui ferait le choix de l’industrie contre les banques, cette politique aurait une cohérence.
    Le réel problème est celui de la dynamique qui serait créée par les anticipations des marchés. Que nous fassions publiquement état de cette possibilité et les conditions de refinancement de la France dans la zone Euro se détérioreraient rapidement, rendant alors inévitable notre sortie. Mais, tant que cette menace est tenue secrète, peut-elle être prise au sérieux par l’Allemagne ? La liste est longue des abandons consentis par notre pays au nom du « binôme Franco-Allemand ». Mais pour qu’un tel « binôme » existe, il faut être deux.
    L’heure des choix a sonné pour la France. Soit elle sera contrainte par la crise, et devenue objet et non sujet de sa propre histoire, elle assistera impuissante aux évolutions monétaires et économiques, soit elle décidera de faire de malheur vertu. La crise de la zone Euro, on l’a dit, est inévitable. Au lieu d’être le jouet des événements, il convient de les convoquer et de les organiser au profit d’une autre politique. Peut-être que l’Allemagne, mise ainsi au pied du mur, se rendra compte des désastres que sa politique a provoqués. Une réforme radicale, à la dernière heure, de la zone Euro n’est pas complètement impossible. Mais, si l’Allemagne s’entête dans l’autisme, au moins aurons-nous une porte de sortie viable.
    Ces choix, cependant, ne semblent pas pouvoir être portés par l’équipe au pouvoir, et probablement pas par une partie de l’opposition. Il nous faut en France une nouvelle alliance.

    ——————————————-

    (1) La dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…
    (2) http://trends.rnews.be/fr/economie/opinion/chronique-tendances/un-peu-de-serieux-s-il-vous-plait/opinie-1194707502032.htm# 
    (3) Cette présentation en terme d’instabilité financière hypothétique s’inspire de la présentation de l’hypothèse de H.P . Minsky faite par Vercelli, A., « A Pesrpective on Minsky Moments : The Core of the Financial Instability
    (4) Simon Kennedy, «Greece Turning Viral Sparks Search for EU Emergency Solutions », Bloomberg.com, URL, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a5lqHqLT1CeQ&pos=2 
    http://www.gaullisme.fr/?p=6905

    Quelle majorité pour la Grande-Bretagne ?

    03/05/2010 17:10 par dlr14ème_62

    • Quelle majorité pour la Grande-Bretagne ?

      Quelle majorité pour la Grande-Bretagne ?

      03/05/2010 17:10 par dlr14ème_62

    Ce jeudi, les britanniques voteront pour des élections législatives qui promettent d’être très disputées. Les sondages indiquent une possible déroute du Labour de Gordon Brown, seulement 3ème aujourd’hui, mais aussi la perspective d’un parlement sans majorité.
    Le troisième homme qui bouleverse la donne
    Il y a quelques mois, l’issue de l’élection semblait simple. L’avance de plus de dix points dont disposaient les conservateurs de David Cameron ne semblait pas rattrapable par un Gordon Brown dont on estimait qu’il avait déjà de la chance de pouvoir représenter son parti à nouveau. Puis, peu avant la dernière ligne droite, le parti travailliste s’est rapproché au point de faire entrevoir un scénario comparable à celui de 1992, lorsque John Major avait gagné des élections promises aux travaillistes.
    Mais tout a changé avec les débats télévisés entre les trois leaders des principaux partis. Le résultat le plus marquant de cette élection est sans doute l’ascension de Nick Clegg, le chef des libéraux-démocrates. Le Guardian, soutien traditionnel du parti travailliste, a décidé de changer de camp pour soutenir le nouveau venu. Les libéraux-démocrates disposent de deux grands points distinctifs : ils se sont opposés à la guerre en Irak, contrairement aux deux grands partis, et sont très « europhiles ».
    Quelle Assemblée dans 5 jours ?
    Les sondages donnent aujourd’hui les conservateurs en première position avec 35% des voix, suivis des libéraux-démocrates, à 28%. Les travaillistes arriveraient bon derniers avec à peine un quart des suffrages. Mais le système électoral, où celui qui arrive en tête au premier tour qui remporte le siège peut réserver bien des surprises. Le parti travailliste bénéficierait ainsi d’une géographie électorale plus favorable qui devrait lui permettre de limiter la casse dans ses bastions.
    Cependant, la dynamique actuelle, avec un creusement de l’écart entre les deux anciens partis pourrait finalement redonner une chance à David Cameron de gagner vu l’état de faiblesse d’un Gordon Brown qui ne parvient pas à convaincre. Et si les Tories ne parviennent pas à s’imposer clairement, les libéraux-démocrates pourraient alors s’essayer au pouvoir, les deux autres partis cherchant d’ors et déjà à attirer les faveurs du parti qui pourrait détenir les clés de la majorité.
    Quelques soient les résultats, la Grande-Bretagne est à l’aube d’un grand changement. Soit David Cameron réussit le pari engagé en 2005 de rendre son parti à nouveau éligible. Soit les libéraux-démocrates accèdent au pouvoir après près d’un siècle de mise à l’écart.
    Laurent Pinsolle

    1er mai : piqûre de rappel social pour la municipalité

    03/05/2010 10:58 par dlr14ème_62

    • 1er mai : piqûre de rappel social pour la municipalité

      1er mai : piqûre de rappel social pour la municipalité

      03/05/2010 10:58 par dlr14ème_62

    DLR était présent lors de la traditionnelle réception des syndicats dans les salons d’honneurs de l’Hôtel de ville. Mr Binaisse, adjoint faisant office de Maire perpétuel, fut chargé de recevoir les doléances des syndicats présents. Ainsi, pour le personnel municipal, outre FO et l’UNSA représentés respectivement par messieurs Thorez et Martel, la CFTC fut  particulièrement remarquée par sa présence. De nombreux militants avaient déployés une banderole dénonçant le manque de dialogue  social dans la gestion des ressources humaines de la commune. Une manifestation enfin visible d’un système dénoncé par DLR depuis toujours. (Cf . l’article de la veille) 

             La CGT , la FNATH , la CFE – CGC étaient également représentés. Egalement présente, l’association « Chœur de fondeur ». Nous noterons hélas, le peu de mobilisation du public. En effet, hors mis la présence des militants syndicaux, ainsi que quelques acteurs politiques locaux *, le public ne s’était guère mobilisé. Encore un des effets de la société ultra- libérale mondialiste et  individualiste. Nous regretterons également le manque de vigueur des syndicalistes présents qui ne surprirent personne tant  leur discours étaient convenus. A l’exception de la CGT pour les paroles et la CFTC territoriaux pour les actes, nous avons trouvés des syndicats plutôt mous voir résignés dans leur revendications. Un comportement très loin de répondre aux fortes attentes du personnel municipal. La CFTC par son action d’éclat aura toutefois réussit à mettre mal à l’aise notre premier adjoint qui aura de cesse de nous rappeler son propre engagement syndical. Il en appellera également à un dialogue social respectueux et apaisé. Rappelons toutefois que dans cette administration où l’on cite Drucker **dans une revue destinée au personnel, le respect ne va toujours que dans un sens : de la base au sommet. L’inverse n’étant hélas pas une réalité tant les droits des employés sont souvent bafoués.  

     

    Le comité local 

    * Signalons l’absence de représentants de 3 partis : l’UMP, le FN et le PS62. 

    ** Peter Drucker (1909/2005), économiste américain, collaborateur principal de Général Motors  et chantre de l’ultra – libéralisme qui définissait la société économique idéale comme étant une société expurgée de ses fonctionnaires. 

    Quand on veut noyer son chien...

    02/05/2010 19:18 par dlr14ème_62

    • Quand on veut noyer son chien...

      Quand on veut noyer son chien...

      02/05/2010 19:18 par dlr14ème_62

    « Les employés municipaux ne sont responsables ni  de la situation financière de la ville, ni du sureffectif actuel des agents communaux. Il ne saurait être question de leur faire payer le prix fort » !  
    Daniel Duquenne, le 24 juin 2009  
    Etait-ce un vœu pieux ? C’est en tous cas l’impression que cela nous  donne  aujourd’hui aux vues des pleines charrettes de ruptures de contrat qu’engage la municipalité. De nombreux cas nous sont parvenus, mais les victimes n’osent pas briser l’omerta, par peur de représailles. Toutefois, l’un d’entre eux, a osé nous contacter pour attirer l’attention sur sa situation personnelle. Nous nous sommes donc fait un devoir de lui prêter une oreille attentive et citoyenne.  
    DLR14ème : Vous nous avez alertés  sur votre situation présente auprès de votre employeur ! Pourriez – vous nous décrire votre parcours professionnel ?  
    Gérard Occre : J’ai occupé un poste dans une entreprise privée qui a déposé le bilan. En mars 2008, j’intégrai les effectifs de la commune comme agent dans la brigade de nuit. Par la suite, j’eu l’opportunité d'obtenir une mutation à l’Espace F. Mitterand où mes collègues ont apprécié mes compétences professionnelles. Vers la fin de l’année 2008, la DRH me proposa de reprendre le poste de concierge qui se libérait au Foyer Pasteur. Je pris mes nouvelles fonctions en janvier 2009. Ma hiérarchie n’eut jamais à regretter son choix, ni à redire sur mes aptitudes.  
    DLR14ème : Sous quelles formes de contrat, étiez vous embauché en mairie ?  
    G.O. : J’ai accompli à ce jour 12 CDD, certain à mi/temps. Le 14 décembre 2009, je signais mon 4ème contrat pour une période allant du 19/10/2009 au 31/12/2010. Puis, en octobre 2009, un nouveau contrat arriva avec une date butoir  fixée à février 2010 puis un autre reportant l’échéance au  30 avril 2010. A cette date plus rien ne me fut transmis.  
    DLR14ème : Quand avez-vous été informé de la fin de votre contrat ?  
    G.O. : Le 30 mars 2010, Mme Chantal Vendeville m’annonçait par courrier que mon contrat s’achevait le 30 avril !  
    DLR14ème : Vous ne vous y attendiez pas apparemment ?  
    G. O. : Non, pas vraiment, d’autant plus que le 25 février 2010, mon employeur m’avait fait passer une visite médicale qui confirmait mon aptitude à occuper ce poste.  
    DLR14ème : Le CCAS voulait donc vous octroyer définitivement  ce poste de concierge ?  
    G.O. : Oui, puisque les résidents ne pouvant se passer des services de la conciergerie dans leur quotidien (maintenance, sécurité…) et surtout de ma présence la nuit en cas d’urgence !  
    DLR14ème : Ces résidants justement, qu’en pensent – ils ?  
    G. O. : Ils ne comprennent pas et se sentent abandonnés. Ils avaient même fait circuler une pétition de soutien en ma faveur. Le personnel apporta également son soutien à ma cause malgré les pressions hiérarchiques.  
    DLR14ème : Que vous reproche justement cette hiérarchie pour mettre un terme aussi rapidement à votre contrat ?  
    G.O. : Ils m’ont dit  que j’avais omis d’intervenir pour aider un résidant alors que je n’étais pas en activité puisque j’étais de congés ce jour là.  
    DLR14ème : Etre en congés vous dispensez t'il d’intervenir ?  
    G.O. : Logiquement oui, mais avant j’intervenais tout de même ! Ils me l’ont reproché et m'ont interdit pour l’avenir de le faire si je ne suis pas en activité pour des raisons salariales. J’ai appliqué cette consigne et on m’en fait grief aujourd’hui ! Je sais bien que lorsque l’on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage, mais là, tout de même, l’argument qu’ils m’opposent est vraiment sans fondements. D’ailleurs, j’ai le soutien de mon syndicat qui s’occupe de mon cas actuellement.  
    DLR14ème : Comment  voyez – vous votre avenir ?  
    G.O. : Je suis très inquiet d’autant que ma hiérarchie m’a intimé l’ordre de « vider les lieux ». Cette conciergerie est mon seul domicile que je partage avec mon jeune fils.  Je leur ai demandé d’appuyer ma demande de logement sur le secteur mais ils n’ont pas manifesté jusqu’ici de l’empressement à m’aider. A l’inverse, ils sont décidés à me faire évacuer ce domicile, en utilisant l’intimidation s’il le faut. Mais je suis déterminé à me défendre. Pour mon fils  je m’accroche mais parfois, c’est très dur !  
    DLR 14ème : Quels sont vos sentiments aujourd’hui sur cette affaire ?  
    G.O. : Une impression de vide. Un dénie d’existence et un manque  de reconnaissance de la part de mon employeur. J’avais apporté mon soutien à la liste de Daniel Duquenne en Juillet 2009 et celui – ci n’a même pas daigné répondre à mes appels à l’aide. Toutefois je ne leur porte pas rancunes, tous juste de l’amertume  et beaucoup de désillusions.    
     Nous avons quitté Gérard Occre  après avoir conforté son moral. En effet, bien qu’il essaie de le cacher pudiquement, son abattement et sa détresse sont bien réelles.  Celà nous détermine d’autant plus à soutenir son combat. Nous suivrons sa situation de très prés. 
    Le comité local